Kashink bas les masques!

La galerie All-Over propose une exposition consacrée à Kashink et intitulée « Mascalaveras« , contraction de « mascaras y calaveras » (masques et squelettes). Rencontre avec une artiste qui aime bousculer tous les codes du genre.

Kashink est une graffeuse qui aime surprendre et cultiver les contrastes. Ici l’ambiance n’est pas au hip hop mais plutôt au rock steady et au métal. Kashink entretient cette différence jusque dans son apparence. Lors du vernissage de l’exposition elle se présentait vêtue d’un élégant pantalon noir et d’un chemisier blanc avec une fine moustache dessinée au crayon noir. Forcément avec un tel accueil on a hâte de voir les oeuvres de la demoiselle.

Avant d’arriver dans l’univers du graf il y a 4 ans, Kashink s’était déjà forgée une solide expérience en tant que peintre décoratrice (elle travaille notamment sur des décors de cinéma ou pour l’opéra de Paris). C’est une artiste accomplie qui dispose d’une large palette de techniques. Si le graf l’a attirée, c’est qu’elle souhaitait  aborder les très grands formats, tout en disposant de la liberté du support. Quand ils’agit de peindre sur un mur de 3 mètres sur 4,  la meilleure arme, c’est la bombe.

Pour « Mascalaveras« , elle a travaillé sur les masques, et quand on connaît sa passion pour l’Amérique latine et le Mexique en particulier, le résultat ne pouvait être que surprenant. Le ton est donné par l’inscription qui trône ausommet dela salle : « La vida muerte loca« . Un jeu de mot funèbre qu’explique Kashink en nous parlant de la place de la mort dans nos civilisations modernes. Elle tenait à célébrer cette mort que notre société tente en vain de masquer sous divers artifices, alors que d’autres cultures la place au coeur des rapports sociaux.

On s’attend alors à des oeuvres sombres, et bien détrompez vous car Kashink ne fait rien comme tout le monde. Ici le style est graphique, avec des couleurs chatoyantes. L’humour est omniprésent et l’ambiance festive. Les têtes de mort se parent d’or et de couleurs vives et les squelettes sont des pantins crucifiés en papier maché.

Comme écho à son travail sur les squelettes, celui sur les masques reprend la même approche. Ses oeuvres sont vives et s’inspirent de la culture latino. Les motifs évoquent les masques de ces catcheurs mexicains, avec un traitement graphique qui n’est pas dénué d’émotions.

Dans ses travaux les plus récents, elle combine ces deux éléments de façon astucieuse, avec une série de trois panneaux en forme de cerceuil et peints dans une imitation bois, sur lesquels elle dispose de véritables masques peints, dans un genre à la fois théatral et naïf.

Une exposition qui met en joie, surtout que les oeuvres sont proposés à des prix tout à fait raisonnables. Au Mexique, on veille leurs morts sur leurs tombes, kashink veille à ce que nous les fêtions les notres.

« Mascalaveras » à la galerie All-Over par Kashink

jusqu’au 6 octobre 2010

41 rue des Tables Claudiennes 69001 Lyon

 

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