Matt Mullican Who’s that Person?

L’institut d’art contemporain de Villeurbanne présente jusqu’au 19 septembre l’exposition « 12 by 2 » consacrée à l’artiste américain Matt Mullican. Une plongée dans un univers personnel et vertigineux issu de l’esprit de Matt Mullican

Consacrer une grande exposition à un tel artiste est toujours très compliqué. Au-delà de l’artiste, il s’agit de mettre le spectateur en relation avec un univers et des concepts très personnels. Dans le cas de Mullican l’immersion est obligatoire sous risque de se heurter à un certain rejet.

 « Le monde de Mullican »

L’exposition « 12 by 2 » décline la symbolique développée par Mullican tout au long des douze salles de l’institut. La première salle se présente d’ailleurs comme une carte de la cosmologie élaborée par l’artiste (Untitled Cosmology 1984), qui servira de point de référence pour le reste de l’exposition. Sur les murs, on retrouve une accumulation de divers travaux (dessins, coupures de journaux, photographies etc) effectués depuis les années 70. Au sol un immense « frottage », matérialise les différentes composantes de l’univers de Matt Mullican selon un code couleur que l’on retrouvera tout au long du parcours.

Works, 1971-2010, Untitled (Cosmology), 1984 © Blaise Adilon

L’autre axe de travail abordé, est celui des performances qu’il réalise dès les années 70 et au cours desquelles il rentre dans un état de transe hypnotique. C’est ainsi qu’apparaît « That person » au cours d’une performance réalisée en 1982 à New York. Dès lors, « that person » sera cette entité qui s’exprimera sporadiquement à travers les transes de Mullican. Elle n’est pas vraiment définie ou alors par la négative, on sait qu’elle n’est ni homme ni femme, ni jeune ni vieux et qu’elle est totalement étrangère à l’artiste.

« Meeting That Person »

« That person » est autonome et réalise ses propres œuvres que l’on découvre dans l’espace intitulé « that person’s work ». Photographies, coupures de journaux, listes improbables d’actions, s’étendent sur des draps blancs qui forment un dédale dans lequel on déambule, tel les méandres d’un esprit vivant dans un autre espace temps. D’étrange la visite devient troublante, au fur et à mesure que se dessinent les obsessions de « that person » pour les revues botanistes ou les séries de chiffres.

Et puis il y a ces boules de cristal qui réfléchissent toutes ces images créant ainsi un autre niveau de lecture. « 12 by 2 » fonctionne ainsi avec un jeu entre l’artiste et ses émanations et notre position de spectateur.

Untitled (Learning from that Person’s Work: room 1 to room 7), 2005, © Blaise Adilon

C’est la force de cette exposition qui parvient à nous emmener au cœur de l’œuvre  de Mullican. Une expérience qui demande un véritable investissement de la part du spectateur, sous peine de se laisser submerger par un accrochage qui mise sur l’effet d’accumulation pour capter l’attention.

Street Signs (1975-1994), 2005,© Blaise Adilon

C’est le prix à payer pour profiter pleinement de toute la profondeur du monde de Matt Mullican et de ses alter egos artistiques. Pas toujours facile, mais définitivement troublant.

« 12 by 2″ à l’institut d’art contemporain.

Du mercredi au Dimanche de 13h à 19h, jusqu’au 19 septembre 2010

Tarif : 4 euros

Tarif réduit : 2,50 euros

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Une réaction sur “Matt Mullican Who’s that Person?”

  1. ben dit :

    Whaaa, ça l’ai fou comme truc !

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