Nicolas de Staël à la Fondation Gianada

La fondation Gianada présente jusqu’au 19 novembre une exposition consacrée au peintre Nicolas de Staël. Les œuvres réunies illustrent la période entre 1945 à 1955 marquée par un dialogue constant entre figuration et abstraction. Retour sur un peintre à la frontière de l’abstraction.

Présentées dans un ordre chronologique, les compositions jusqu’en 1950 se basent sur les couleurs sombres avec beaucoup de texture. De Staël semble sculpter ses toiles (« brise lames » 1947). Au fur et à mesure  les couleurs s’avivent. Dans les tons pastels tout d’abord (« Fugue » 1951), puis de manière plus vive (« Parc de Sceaux » 1952).

Bouteilles 1952

En même temps que la palette s’éclaircit, la manière s’adoucit. De larges aplats de couleurs appliqués au couteau apparaissent. Les couleurs s’affirment, et les lignes s’épurent. La série des paysages d’Agrigente est emblématique de l’approche du peintre jusqu’à la fin de sa vie. L’art de De Staël s’exprime pleinement dans ces paysages où  son sens de la composition et des couleurs fait merveille.

Agrigente 1954

On retiendra aussi les natures mortes d’ateliers, où  se détachent sur un fond sombre des pinceaux fantomatiques qui rappellent l’angoisse qui finira par emporter l’artiste. Mais d’autres sujets, tels les « footballeurs »,  fournissent quelques instants de vie bienvenus, à l’image du magnifique « nu couché bleu » qui clôture l’exposition.

Parc des Princes 1952

Le choix de fournir peu d’explications aux visiteurs est au final judicieux, car la cohérence des œuvres choisies permet de parfaitement appréhender l’évolution de l’artiste. Seuls quelques extraits de correspondance viennent nous éclairer sur les doutes et l’exigence du peintre.

On regrettera quelques éclairages mal ajustés qui provoquent des reflets désagréables sur certaines toiles, ainsi que le nombre d’œuvres qui aurait pu être plus conséquent. Mais ne boudons pas notre plaisir, malgré un prix d’entrée élitiste (15 euros!), l’exposition de la fondation Gianada est une réussite. Elle permet d’embrasser les dernières réflexions d’un artiste qui aura marqué la peinture en dégageant une voie médiane entre la forme et l’idée.

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