« Our Body » l’exposition interdite

Si il y a bien une exposition qui a défrayé la chronique ces dernières années, il s’agit bien de l’exposition « Our Body ». Entre combat éthique et bataille juridique, la cour de cassation vient de trancher.

L’exposition qui à déjà beaucoup voyagé en France, (Lyon, Marseille), est arrivée en 2008, précédée d’une réputation sulfureuse. Plusieurs associations avaient tenté d’interdire « Our Body » en arguant de l’origine douteuse des cadavres exposés. Selon certaines sources ces cadavres ne seraient pas celui de quelques amoureux de la science, ni ceux de personnes avides d’une notoriété post-mortem. Plusieurs associations émettent l’hypothèse d’un trafic d’être humain en provenance des geôles chinoises et décident de saisir le juge. C’est sur ça vous pose un débat éthique!

« Our body » se veut une exposition hybride, entre l’art et la science, mais les responsables semblent un peu gêner pour nous expliquer d’où leur vient cette fameuse « matière première ». A l’époque on avait préféré nous vanter un processus révolutionnaire appelé « plastination » qui permettait conserver chaque partie du corps des muscles jusqu’aux vaisseaux sanguins. Un soit disant regard unique qur notre condition d’être humain. Pour une exposition révélant la transparence des corps, les zones d’ombres s’accumulaient.

Avec l’arrivée de l’exposition à Paris, le débat fût relancé et définitivement tranché. Au mois d’avril 2009 le juge des référés saisi par les associations,   »Ensemble contre la peine de mort » et « Solidarité Chine », décida l’interdiction de l’exposition, au motif que l’on ne pouvait pas exposer des cadavres et que leur mise en scène était contraire à la décence. Un jugement strict qui sera atténué en appel. La cour confirma l’interdiction de l’exposition cette fois au motif que l’origine des cadavres devait être précisée, mais en acceptant le principe de l’exposition.

Aujourd’hui, la première chambre civile de la cour de cassation est revenue à l’argumentation de première instance. Pour cela elle se base sur l’article 16-1-1, alinéa 2, du code civil, qui dispose que  »les restes des personnes décédées doivent être traités avec respect, dignité et décence« ,  par conséquent, « l’exposition de cadavres à des fins commerciales méconnaît cette exigence. »

Exposer des  cadavres soulève forcément des débats, mais l’argumentation retenue semble rigide dans son argumentation. Or dans le cas de « Our body », ce qui était le plus contestable, résidait dans le manque d’informations données au public, concernant l’obtention de ces corps et non le procédé en tant que tel.

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