Trisha Brown au MAC de Lyon

Après l’étouffante exposition consacrée à Ben, le musée d’art contemporain consacre une exposition à l’artiste chorégraphe américaine Trisha Brown.

En partenariat avec la biennale de la danse, le MAC nous propose de revenir sur une artiste qui se situe à la frontière de la peinture de la danse. L’exposition s’ouvre avec ce titre énigmatique et troublant :  »Pour que le public ne sache pas que je pourrais avoir cessé de danser ».

Si Trisha Brown a longtemps hésité entre la peinture et la danse c’est que les années 60 étaient le lieu d’expérimentations qui visaient à créer une synthèse des pratiques artistiques. Les démarches de John Cage et Merce Cuningham ouvraient une voie sur laquelle de nombreux plasticiens et danseurs allaient s’engouffrer.

Trisha Brown émerge dans le contexte des années soixante avec le collectif  du « Judson Dance Theater » de New York. Elle travaille alors sur une nouvelle approche du mouvement et s’attache aux gestes du quotidien et à leur poésie. Il s’agit alors de libérer la danse et le corps du cadre du théâtre. Le collectif investit alors les rues et les toits de la ville et ainsi que les galeries. Son indépendance, elle l’acquiert en fondant la Trisha « Brown Dance Company » en 1970. Elle crée alors ses « Early Works » ou la danse s’affranchit de tous les éléments extérieurs (décors, costumes, lumières).

B - Vue de l'expo Trisha Brown - © Blaise Adilon, 2010

L’exposition du Mac commence par la présentation de ces premiers « Early Works », avec notamment l’installation « Skymap » qui nous propose de nous installer sur des coussins face à un écran et d’écouter la voix de Trisha Brown nous narrer la géographie d’une Amérique imaginaire.

Elle se poursuit avec les vidéos des « accumulations » qui scellent son choix entre la danse et la peinture. Ici il s’agit de se concentrer sur la simplicité et la répétition du mouvement.  « Je me demandais ce que signifiait vraiment l’abstraction en danse. Le contraire de la narration, ça c’est sûr. […] j’ai commencé en répétition à faire ce mouvement très simple que j’ai répété, puis j’ai ajouté une variation et ainsi de suite. Le résultat a donné accumulation. A partir de là, la complexité a grandi d’elle-même. »

L’exposition s’attache aussi aux travaux plus récents de la chorégraphe avec une série de magnifiques dessins (fusain et pastel sur papier), qu’elle crée lors de performances chorégraphiées. Le dessin conserve alors la trace du  mouvement du corps. Les lignes formées conservent l’élégance de la danseuse et toute l’intensité de ses gestes.

Le week-end à 14h et 16h la compagnie CNSMD interprète « Planes » une pièce de 1968, qui a la particularité d’utiliser la surface verticale du mur où évoluent les danseurs.

A - Vue de l'expo Trisha Brown - © Blaise Adilon, 2010

Attention cependant, ne vous attendez pas à une rétrospective accompagnée d’explications bibliographiques. L’exposition ne s’étend que sur les 4 salles du premier étage, qu’elle partage avec les œuvres de Bruce Nauman.

C’est un peu une déception, car l’artiste aurait sans doute mérité une exposition plus proche du grand public. Si je n’avais qu’un conseil à vous donner se serait de bien planifier votre visite, car sans cette représentation de « Planes », la visite risque de vous paraître bien rapide…

« Trisha Brown »

Mac de Lyon

jusqu’au 31 décembre 2010

du mercredi au dimanche de 10h à 19h

tarifs:  6/4 euros

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