Benoît Bay nous raconte des histoires

La galerie Artaé présente l’exposition « contes à rebours » consacrée à Benoît Bay. En utilisant le thème du conte, il tisse une galerie de personnages hétéroclites unis par le trait d’un artiste rare.

Benoît Bay est un artiste qui aime varier ses thèmes et sa technique. Pour cette exposition il est parti de la vie de plusieurs personnages réels ou légendaires. On se retrouve ainsi face à Kurt Kobain avant de glisser sans prévenir vers Frida Kahlo ou St Roch.

George Catlin, 2010, technique mixte sur toile, 79,7 x 160,5 cm

On cherche alors le point commun entre tous ces personnages, et le lien s’établit très vite grâce au trait et au style de Benoît Bay. Il a choisi de représenter les histoires extraordinaires qui peuplent son univers. « Plus l’âme du personnage est riche, plus on ressent cette densité dans son visage« . Ce qui lui importe c’est l’aspect affectif que l’on porte à ces sujets, qui ont tous fait preuve de courage au cours de leur existence réelle ou fantasmée: Catlin a abandonné sa carrière pour peindre les indiens, St Georges a osé défier le Dragon et Frida Kahlo s’est accroché à son art comme à la vie.

St Roch

Frida aux marionnettes, 2010, huile sur bois, 100 x 81 cm

En résonnance avec la diversité des thèmes abordés, Benoît Bay utilise différentes techniques. On remarquera notamment ses bois sculptés qui représentent Brian Jones ou Robert johnson. Sur d’autres oeuvres, il combine les techniques  sur la toile intitulée « Pierrot le fou » où le bois sculpté est collé à même la toile. 

Pierrot le fou, 2010, technique mixte sur toile, 100 x 100 cm

Dans « St Georges », il utilise un collage pour représenter la princesse tout droit sortie d’un magazine de mode des années 60.

St Georges et le dragon, 2010, technique mixte sur toile, 64,5 x 108 cm

Une mention toute particulière pour le portrait de Robert Johnson, le bluesman qui aurait vendu son âme au diable pour devenir un musicien de légende. Le bois sculpté fige l’échange de regard entre l’artiste et le visage maléfique qui prolonge le manche de la guitare. Tout en courbe et avec un choix de couleur judicieux, on assiste à un vrai moment de poésie dramatique.

Robert Johnson vend son âme au diable, 2010, huile sur bois, 77,5 x 38 cm

Ce coté imprévisible fait le véritable charme des oeuvres de Benoît Bay, qui réussit à nous raconter l’histoire de ces hommes, qui ont fait de la quête d’un idéal, le but ultime de leur vie.

« Contes à Rebours » par Benoît Bay jusqu’au 30 octobre

Galerie Artaé

11 rue Aimé Collomb

69003 Lyon

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