Infantization l’expo qui fait du bien

Le Mac présente une exposition consacrée à la jeune création chinoise. Si l’art contemporain défraie la chronique pour ses prix astronomiques, on oublie trop souvent son caractère générationnel.

Issue du partenariat entre la région Rhône Alpes et la municipalité de Shanghai, « Infantization » est une exposition rassurante. Oui rassurante car on oublie trop souvent que la jeunesse de l’empire du milieu ne passe pas son temps à confectionner des vêtements H&M ou à construire des voitures low-cost.

Les artistes présentés ont entre 25 et 30 ans et portent les questions et les angoisses de notre temps. L’art dit « contemporain », affranchis des contraintes de la tradition, s’est développé en chine il y a un peu plus de 30 ans. Les artistes de années 80 était alors empreints d’un néo dadaisme plus ou moins calqué les mouvements d’avant garde européens.

Liu DiQiu, the live of small leather balls, 2007, 100x100 cm

La génération présentée aujourd’hui au Mac de lyon, est la descendante de cette première vague. Ellle a assisté à l’ouverture de son pays et à sa course éffrénée vers un communisme de capital. Dans cette fuite en avant vers une économie de marché, et une internationalisation galopante, le jeunesse perd parfois le fil de son histoire. Et c’est peu dire que ça la perturbe. Dans le contexte actuel ce genre d’interrogations va bien au délà de la nationalité des artistes.

Hu Zi, Gouache sur papier

Ces questions sont le point de ralliement de toutes les oeuvres présentées. Où sont nos racines, qui sommes nous, comment communiquer? Certes, ces questions sont vieilles comme le monde, et habitent l’esprit des artistes d’avant garde depuis très longtemps. Mais ce qui fait l’intérêt de ces artistes chinois, c’est leur faculté à réutiliser les images de notre quotidien (voir la vidéo de Li Meng « pass from one to another » qui condense une heure d’activité sur ordinateur en 4 minutes).

Chen Yu, Who Am I, peinture numérique, 2008, série de 11 peintures

Dans un style souvent clinquant, et utilisant tout les mediums (vidéo, photos, peinture), ils captent l’essence de notre environnement (vitesse, futilité, hédonisme obligatoire). l’approche est parfois kitsch, parfois potache comme la série sur les pets de Tang Yan qui revisite avec humour les figures de la culture mondial. Souvent pertinentes, la naiveté de certaine oeuvres est sincèrement touchante.

Tang Yan

En fait si il y a un reproche à faire au Mac, se serait son agenda. L’exposition dure jusu’au 24 octobre. 3 semaines d’expostion c’est peu et on se dit qu’il aurait été judicieux de rogner un peu sur le 2e étage consacré à Olivier Mosset. Vous avez donc encore une semaine pour profiter de ces oeuvres qui pétillent et sont habitées par un véritable élan de vitalité.

Infantization

Mac de Lyon

jusqu’au 24 décembre 2010

du mercredi au dimanche de 10h à 19h

tarifs:  6/4 euros

3 réactions sur “Infantization l’expo qui fait du bien”

  1. Boris dit :

    Plus que « judicieux », rogner sur ce putain de deuxième étage aurait été presque vital, vu l’ennui de l’exposition d’Olivier Mosset et la qualité de « Infantization ».

    Bravo pour ce très beau site, camarade amateur d’art.

    • JCA dit :

      C’est sur que la gestion de l’espace du musée et des expositions est assez étrange, on aurait pu au moins rogner sur le duexième étage pour permettre à Infaization de rester un peu plus longtemps à l’affiche….

  2. roure dit :

    BRAVO POUR CET ARTICLE ET POUR CE SITE PASSIONNANT…

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