La Tourette par Marie-Noëlle Décoret

La galerie Artaé propose une exposition sur le travail de Marie-Noëlle Décoret effectué au couvent de la Tourette. Une réflexion sur le temps et la lumière.

Le couvent de la Tourette est l’oeuvre de la collaboration entre Le Corbusier et de Xenakis. Situé à une trentaine de kilomètre de Lyon, le couvent bâti 1956, accueille une communauté de frères dominicains qui occupe toujours les lieux. Pour fêter ses 50 ans , des travaux ont été entrepris en 2006 pour lui rendre une seconde jeunesse.

« Ce couvent de rude béton est une œuvre d’amour. Il ne se parle pas. C’est de l’intérieur qu’il se vit. C’est à l’intérieur que se passe l’essentiel » Le Corbusier.

C’est à cette période que Marie-Noëlle Décoret est intervenue pour traduire en images la vie de ce lieu si particulier. Equipée de son appareil argentique, elle se rend à quatre reprises au couvent, aux solstices et aux équinoxes.

Le résultat est une incroyable mise en image du temps et de la lumière. En photographiant les cellules individuelles des frères et les lieux de communs (réfectoire, bibliothèque), elle parvient à rendre l’esprit du lieu et sa spiritualité. 

A chaque solstice et équinoxe, les cellules sont photographiées à travers quatre cadrages identiques : un cadrage large, un cadrage sur la fenêtre, un cadrage sur la table d’étude et un cadrage sur le mur. Cette rigueur établit une base de lecture forte qui permet au spectateur d’embrasser instinctivement l’aura du lieu.

Aucune figure humaine n’est présente, et pourtant les photos semblent habitées par une spiritualité presque tangible. Le jeu entre l’apparition et la disparition met en perspective le travail photographique. La lumière particulière de chaque saison, vient révéler des couleurs et des textures des matières (le béton des murs, le bois des tables d’études etc), parfois jusqu’à l’abstrait.

Pour cette série, Marie Noëlle Décoret a choisi de travailler sur deux formats différents. Un petit format 6 x 9 cm, qui lui permet de procéder une association de plusieurs clichés, en les regroupant selon des critères de temps ou de cadrage. En forçant l’oeil du spectateur à se rapprocher pour lire l’image, elle instaure un rapport intime avec l’objet photographique.

Le deuxième format est beaucoup plus imposant avec ses 1 x 1,5 m. Cette fois c’est l’image qui surgit sous nos yeux en occupant l’espace.

C’est un travail extrêmement précieux qui nous révèle l’intimité et la fragilité de la vie d’un lieu et d’un espace.

La tourette

Jusqu’au 31 décembre 2010

à la Galerie Artaé

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Une réaction sur “La Tourette par Marie-Noëlle Décoret”

  1. arrivetz dit :

    cette petite visite dans ton atelier pourrait prolonger notre petite visite virtuelle…A+ donc, dis nous QUAND…
    A bientôt
    JY et Fabienne arrivetz

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