Mondrian, figure de Stijl !

Le centre Georges Pompidou présente jusqu’au 21 mars 2011, une rétrospective consacrée à Piet Mondrian et au mouvement De Stijl. 

 

Si on a oublié le manifeste du néoplasticisme et sa vocation a créer un langage plastique universel, les carrés bleus rouges et jaunes de De Stijl nous sont beaucoup plus familiers. Il faut dire qu’il manque au mouvement une pinsée de folie et un zest  de membres charismatiques comme Marinetti pour le futurisme. 

Piet Mondrian, "composition en rouge, bleu et blanc II", 1937

Le mouvement De Stijl naît en 1917 autour de Theo Van Doesburg et de quelques artistes comme Georges Vantongerloo ou Bart Van Der Leck. Pendant que l’Europe joue à la grande guerre, ils s’ennuient dans les polders hollandais. Comme ils ont du temps pour se poser des questions, ils font comme tous les artistes d’avant-garde, ils inventent un nouveau langage formel.

Georges Vantongerloo, Composition, 1917-1918, © Adagp, Paris 2010

Le terme « néoplasticisme«  est au coeur de leur réflexion. En digne représentants de l’avant garde, ils font table rase du sujet et de la perspective et mettent en avant le ryhme de la couleur. Cela paraît très ambitieux mais le mouvement vise un art universel en se basant sur l’harmonie des formes et des couleurs.

On pouvait craindre une avalanche de termes théoriques pour nous démontrer que De Stijl constitue une clé de lecture de la modernité, en s’appuyant sur une accumulation de petits carrés colorés. Heureusement l’exposition évite les écueils trop intellectuels, en divisant le parcours en trois parties qui dynamisent la visite. 

Theo Van Doesburg, Contre composition simultanée, 1929-1930, © Adagp, Paris 2010

On débute par l’élaboration du mouvement et l’influence du fauvisme et du cubisme. Le cloisonement des couleurs, la structure des lignes, tout apparaît évident dans la génése esthétique de de Stijl. On retiendra les toiles de Mondrian (Pommier bleu 1908-1909) et les paysages urbains de Von Doesburg qui annoncent les futurs développements de De Stijl. 

Pet Mondrian, L'arbre rouge, 1909, huile sur toile - Un exemple de l'influence du fauvisme dans l'art de Mondrian

Piet Mondrian, Pommier en fleur, huile sur toile - Evolution de la figure de l'arbre avec une influence évidente du cubisme

La deuxième s’attarde sur la personnalité de Mondrian et sur son étonnante évolution artistique. Jusqu’en 1911 il mêle les influences fauves et post impressionnistes…. des sujets classiques avec plein de couleurs qui le sont beaucoup moins. Arrive 1911 et le choc de la découverte du cubisme de Braque et Picasso lors d’une exposition à Amsterdam.   

Piet Mondrian dans son atelier 1926 © Adagp, Paris 2010. Un style unique qui laisse penser que Piet était en avance dans son art et sa moustache...

Piet va peu à peu faire disparaître toute référence à cette nature qui « voile l’expression des rapports ». Pendant près vingt il procède à de multiples variations autour des éléments néoplastques (couleurs primaires surface planes). 

Theovan Doesburg, Peinture pure, 1920, © Adagp, Paris 2010

La dernière partie évoque les répercussions du mouvement dans les arts graphiques, et notamment dans le domaine de l’architecture et du Design. Elaboré sur les toiles, le programme graphique de De Stijl trouve sa pleine expression en design et en architecture. 

Gerrit Rieveld, Chaise rouge bleu, 1918 © Adagp, Paris 2010

Designer et architecte, Gerrit Rietveld est celui qui incarne les applications spatiales des idées de De Stijl avec le plus de pertinence (Maison Shroeder, mobilier etc). Quant à Van Doesburg son café de l’Aubette à Strasbourg réalisé en 1928 fait preuve d’un remarquable équilibre.  Toutes ces recherche vont exercer une forte influence dans les mouvements artistiques du XXe et notamment avec le Bauhaus, qui continuera à travailler sur la relation entre l’art et son application dans notre environement quotidien.

Theo Van Doesburg, Hans Arp et Sophie Taueber-Arp, L'Aubette, Strasbourg, 1928 vue du cinéma-danse © Adagp, Paris 2010

Theo Van Doesburg et Cornelis Van Eesteren, Atelier artiste 1982, © Adagp, Paris 2010

Alors posons nous une question d’actualité, quels sont les mouvements artistiques contemporains qui définiront notre futur? De quelle manière l’art contemporain influencera t il la société de demain? Les avants garde du début du XXe siècle avait cette ambition folle de donner au monde un art universel. Une vision humaniste de l’art qui se fait rare de nos jours.

Mondrian/De Stijl 

jusqu’au 21 mars 2011 

Au centre Georges Pompidou  

11h à 21h 

Tarifs : 12/9 euros

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