Rip Hopkins à la galerie Le Réverbère

Plus que quelques jours pour aller voir les études sociologiques du photographe anglais Rip Hopkins à la galerie Le réverbère sur les pentes de la Croix-Rousse.

Jusqu’a à la fin du mois de février, la galerie Le réverbère présente pour la quatrième fois l’artiste anglais, avec deux séries de travaux.

Le premier intitulé, « another country : les britanniques en France« , aborde la question du déracinement et du rapport à la patrie. L’artiste né en 1972 est bien placé pour mettre en image ses compatriotes, puisqu’il vit désormais en France. Pour « another country » il s’est intéressé à ces anglais qui ont quitté leur île, pour s’installer en France en Dordogne. Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas de riches vacanciers qui auraient succombé aux charmes de la campagne française pour leurs vacances estivales. Il s’agit de véritables expatriés, qui entretiennent un rapport pour le moins ambigu avec leur pays d’origine.

Rip Hopkins, série Another Country "Jamais dure longtemps" Galerie le réverbère

Chaque cliché est sous-titré d’une phrase en anglais qui aborde les questions liées à l’identité, celle qu’on délaisse et celle qu’on acquiert. Toujours présent, le rejet de la Grande-Bretagne revient comme un refrain. Ces hommes et ces femmes apparaissent comme les nouveaux apatrides, plus tout à fait anglais et pas vraiment français, des gens du voyage, sédentarisés dans un milieu qu’ils façonnent à leur image.

Rip Hopkins, série Another Country "nous faisons notre propre vie" Galerie le réverbère

A nous d’imaginer le parcours de chacun au gré des photographies. Hopkins varie les cadres et met chacun de ses modèles dans des situations différentes. Chaque cliché a sa propre histoire dont le seul point commun est de mettre en valeur la personalité de ces exilés volontaires.

« Romanian Rip » parle aussi d’identité et de vérité avec encore plus de force. Rip Hopkins s’est rendu en Roumanie à Timisoara, ville symbole du relativisme des images dans les médias, lors de la chute des Ceausescu. Un titre qui résume les intentions de l’artiste, entre mise en scène personnelle et document de voyage.

Dans cette série, le photographe se met lui même en scène. Il se fond totalement dans son sujet, à tel point qu’il finit par disparaître au milieu de ses modèles. Pour cela il se déguise pour ne faire qu’un avec son environement. Il revêt ainsi le costume de policier lorsqu’il se trouve dans un commissariat, se drappe des habits de deuil lors d’une scène d’enterrement etc.

Rip Hopkins, série romanian rip Galerie le réverbère

La force de ses clichés provient de cette mise en scène qui est révélée par le fil rouge du déclencheur de l’appareil que l’artiste tient toujours à la main. C’est en quelques sorte le fil de l’histoire qu’il nous raconte, la ligne rouge qui sépare le documentaire du travail artistique.

Rip Hopkins, série Romanian Rip Galerie le réverbère

Une série vertigineuse dans sa conception et sa réalisation. Les cadrages, les couleurs, et la qualité des tirages, nous aspirent littéralement dans l’image dont on ne ressort qu’en suivant le fil d’ariane de l’appareil. C’est intelligent simple et terriblement fascinant!

Rip Hopkins « Another Country » et « Romanian Rip »

Galerie le Réverbère

38 rue Burdeau 69001 Lyon

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