L’interview de Nora Boudjemaï (1/2)

Actuellement exposée à la Galerie Caroline Vachet pour l’exposition « Autopsy » jusqu’au 30 avril, Nora Boudjemaï révèle un univers aussi riche que sa peinture. Première partie de notre rencontre sur fond de hip-hop et de peinture. 

 

Tu exposes actuellement à la Galerie Caroline Vachet, avec une exposition de intitulée « Autopsy ». Un titre que tu as choisi pour quelles raisons ?

Je me suis basée sur l’étymologie grecque d’ autopsie. « Auto » qui signifie soi-même, et « psy » optique. Donc littéralement « le voir de ses propres yeux ». Genre comment on ne s’est jamais vu. Le but est de trouver une intériorité, de disséquer les couches, les couches de dermes et d’émotions. Il y a toute une histoire autour de la dissection. 

Toutes les œuvres exposées semblent nous regarder…

C’est une exposition qui joue sur le regard… 

Un jeu de regard marqué par cette série de portraits. C’est d’ailleurs quelques chose qui caractérise ta peinture ?

Pour les peintures, Jai toujours été dans les visages. Je ne sais pas pourquoi…c’est peut être une échappatoire…c’est une chose qui me touche. D’ailleurs avant je ne faisais que des autoportraits. Je commence à en sortir peu à peu. 

Tu te bases sur des modèles pour tes portraits?

Non, ils viennent de moi. C’est peut être ça qui est inquiétant (sourires) 

Dans ton trait tu brouilles les pistes, comme si tu essayais de les effacer ?

C’est de la déconstruction construction, comme le dit Juliette Nothomb dans son texte, c’est un oxymore, visuel et psychique. On devient acteur, on se demande ce qui apparait, ce qui disparait. Mes visages sont paisibles et inquiétants à la fois. De toute façon la lecture d’une peinture c’est un peu ça, c’est chacun son histoire, ça nous appartient. Mais c’est vrai qu’il y a souvent un voile ou plutôt un pansement sur mes visages… 

Et puis il y a cette pièce composée de deux panneaux en polycarbonate, sur lesquels tu as peins des corps nus qui se réunissent selon le point de vue.

Ce que j’aimais bien c’est avec le polycarbonate alvéolé, c’est ce cloisonnement. Ca me rappelle le déjeuner sur l’herbe de Manet avec différents plans de lecture. Ca fait partie de l intériorité. Ya une première couche et puis l’intérieur, un peu comme nous avec la peau. Ce n’est pas conceptuel mais plus une façon de penser. 

nora boudjemai 

Une œuvre dans laquelle on pénètre littéralement…

Quand tu rentres dans cet élément en polycarbonate, tu ne sais pas trop ce qui se passe, tu ne sais plus qui est regardé et qui est le regardant. Puis les choses s’effacent. Et quand tu sors, les peintures semblent t’observer et tu deviens un acteur à part entière.

Cette œuvre a-t-elle un titre ?

Non, c’est une installation, plus conçue comme un témoignage, c’est des extraits. C’est pour ça qu’il ya les photos qui complètent l’installation et qui ont été réalisées dans l’atelier.

J’ai notamment aimé le fait que tu laisses les coulures de la peinture au sol, comme un témoignage de ton action dans l’espace de la galerie.

Quand on a fait les photos, il y avait déjà quelque chose de peint sur les panneaux. En arrivant à la galerie, je l’ai retravaillé. En fait c’est évolutif, avec l’idée de quelque chose qui est toujours en cours.
  

nora boudjemai 

Ce qui fonctionne, c’est le dialogue que ça instaure avec tes peintures, tu comptes développer cette idée ce travail sur les panneaux ?

En fait l’idée aurait été d’en faire tout une série, et créer un jeu de labyrinthe. Le truc qui devient intéressant c’est quand tu joues avec un premier plan, puis un deuxième, un troisième, avec la possibilité de les réunir tous ensemble avec un effet de transparence. Mais il faudrait les produire dans des tailles beaucoup plus grandes un peu comme la galerie des glaces.

En plus de cette exposition, tu as une actualité plutôt chargée?

Oui je pars à Paris pour le salon du dessin contemporain (voir notre article) et j’enchaîne après avec la foire Art Paris (voire notre article). Pas vraiment le temps de s’ennuyer…

N.B. Interview réalisée avant le Salon du dessin contemporain.

Rendez-vous la semaine prochaine pour la deuxième partie de notre entretien…

« AUTOPSY »

Galerie Caroline Vachet

Jusqu’au 30 avril

à lire également :

Les petits papiers de Thomas Henriot

Les jeunes premiers de la Galerie Caroline Vachet

Mots-clefs :, , ,

Réagissez