L’interview de Nora Boudjemaï (2/2)

Suite de notre entretien avec Nora Boudjemaï. Après avoir abordé son exposition « Autopsy » à la Galerie Caroline Vachet, nous revenons sur ce qui l’influence au quotidien, la musique.

Tout au long de ton parcours on sent un rapport important à la musique qu’en est-il ?

J’ai toujours été fidèle au hip hop et au hip-hop New Yorkais en particulier. Avant j’avais même un groupe composé uniquement de filles. C’est une identité qui m’a portée. J’écoute aussi un peu d’électro, mais le hip-hop reste quelque chose de déterminant. Quand j’entends le Wu Tang ou Mos Def, y a un truc qui monte. C’est de l’énergie. Un clip de Nas même sans comprendre l’anglais ça te parle ! c’est pour ça que je peins sous hip-hop !

« je suis contemporaine, je suis vivante ! »

Tu as notamment participé au clip du groupe Dialect Musique sur le titre « sang d’encre » (vidéo visible ici)

Ce sont des amis qui m’ont connu quand je baignais encore dans le rap. Ils ont voulu faire une rencontre avec l’art et j’ai accepté.

Dans le clip on te voit réaliser une peinture. Tu t’es basée sur leur texte pour la réaliser ?

Oui. On a mis le morceau en boucle, eux ils étaient derrière, j’ai coincé deux toiles de 2 mètres par 2 mètres dans un angle, et j’y suis allée… c’était une belle rencontre.

Une expérience que tu comptes rééditer ?

J’aime ce genre de rencontre, alors si je le sens, je le fais.

nora boudjemai

Ça se rapproche un peu d’un art de la performance non ?

Ce n’est pas vraiment une performance, c’est plus une peinture en directe à un instant T. Et puis c’était un peu particulier, parce que je connaissais le groupe, que se sont des amis. Mais après, réaliser ce genre de choses juste pour le faire ça ne m’intéresse pas. Il faut qu’il y ait un aspect affectif.

Pour les nuits sonores aussi c’était une rencontre (en 2006 au parc de la Ceriseraie avec Thomas Canto et Frédéric Adrait ndlr)?

Une rencontre aussi, il y avait la musique, un super lieu, le soleil. Mais je suis intervenue aussi dans pleins d’endroits différents. J’ai travaillé dans des prisons, avec des enfants. J’aime quand il y a des échanges.

Nora boudjemai

Vu ce lien qui t’unit à la culture hip-hop on serait tenté de faire un rapprochement avec le « street art » ?

Je n’ai pas envie qu’on classifie ma peinture. Après il y a toujours des gens pour vouloir te caser quelque part. Mais en fait ils ne savent pas. Et puis je ne veux pas qu’on me range ! C’est un partage ! Je ne vois pas pourquoi on serait dans des catégories, je suis contemporaine, je suis vivante ! (sourires)

On retrouve quand même une certaine énergie de l’instant ?

C’est sur qu’il y a un coté feeling dans mon travail, mais après ça me dérange un peu qu’on se dise que tout est basé sur de l’improvisation que je fais n’importe quoi ya de la maitrise du travail.

C’’est ce qui me dérange dans les performances en public, parce que tu fais un truc en 3 minutes les gens s’imaginent que tu travailles pareil dans ton atelier, alors que pas du tout. Et puis y a toujours cette question à la con « tu fais ça en combien de temps ? » j’ai envie de répondre comme Picasso, en 33 ans.

nora boudjemai

Avant de se quitter, y aurait il un livre ou une musique qui t’accompagne particulièrement en ce moment ?

Dernièrement j’ai lu Corps et âmes de Franck Conroy qui raconte l’histoire d’un petit garçon à New York dans les années 40. Il vit enfermé dans un sous sol où il va se découvrir un don pour le piano. Un livre sur la musique…

Retrouvez la première partie de notre entretien ici: L’interview de Nora Boudjemaï (1/2)

« AUTOPSY »

Galerie Caroline Vachet

Jusqu’au 30 avril

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