Gumo ose rester brut!

L’artiste ne vit pas encore de sa créativité matérielle. Il dessine et pratique les arts depuis toujours, enfin, depuis tout petit! En parallèle de son travail artistique, il exerce en banlieue parisienne le métier d’éducateur jeunesse. Gumo s’affirme en tant que « Banlieusard », étymologiquement, mis au banc de la cité. Une réalité tout autre que la vie de Parisien « Intra-muros » (d’ailleurs… ils sont où les murs ?). C’est là qu’il a grandi, là où il vit et d’où il crée!

ugly kid gumo

Diplômé supérieur à l’ESAA Duperré, Ugly Kid Gumo a pratiqué l’art dans la mode et le design.  Il pratique à fond sa passion depuis 1 an et demi seulement, et malgré les difficultés d’artistes, Gumo fait sa place. En mars, il est vu au salon « ART FOUNTAIN » à New York. C’est un salon Biannuel au États-Unis. Le premier salon se déroule donc en mars, à NYC, avec en tête de liste l’ Armory Show et, en décembre avec Art Basel Miami, auquel participera également notre artiste. Il expose actuellement à la Galerie Datta, à Lyon. Si vous êtes en déplacement sur New York du 23 juin au 24 juillet, c’est à la Galerie Dorian Grey qu’il faut aller voir ses œuvres !

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Et côté collaboration, le bonhomme est fortement actif. Il a participé à la création de plusieurs collectifs ces dernières années. Entre autres, WTF Team, qui se définirait tel un mode de pensées à travers un « crew » de bon pot. Ils travaillent sur des projets d’expositions (dont l’Armory Show) et de collaborations avec des marques (ou autres). De nouveaux projets sont prévus fin 2011, début 2012. Actuellement Gumo est très actif avec le collectif P.K.O.

« Aujourd’hui P.K.O. regroupe essentiellement des artistes, des amis, des amis d’amis. On n’a pas cette mentalité de faire toujours tout ensemble derrière ces 3 lettres. C’est davantage des idées, des revendications, un ras le bol commun d’un certain système. C’est une envie partagée de faire les choses pour le plaisir, pour le partage, pour les gens qu’on côtoie. C’est aussi pour montrer que tout ça n’est pas fait pour une pseudo élite, ni par une élite, mais parce qu’on s’appuie sur l’environnement dans lequel on vit, où on a grandit. On se nourrit des cultures qu’on partage, des gens qui nous entourent, etc. Ce que je dis souvent avec une certaine fierté, nous sommes des banlieusards avec cette fierté des lieux d’où l’on vient, tout ça n’est pas une histoire de quartiers, de cités ou autre, mais bien d’un environnement, avec des  codes, des langages, des histoires, des mentalités, des valeurs humaines, etc… »


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Tes peintures sont faite à l’aérosol … On te classe souvent dans les « graffeurs » et les « street arteux »…

J’ai beaucoup graffé en 1998 et 2000. J’ai très vite pratiqué le graff en plus de la peinture, du dessin, du collage, etc. Mais non je ne veux pas être assimilé au graffiti. Je n’ai pas de place particulière dans le monde des graffeurs, qui semble se refermer et se cloisonner ces dernières années. Oui je graff et c’est un plaisir. Cette montée d’adrénaline et la satisfaction du résultat ou pas, c’est juste énorme ! Mais je ne me définis pas comme un graffeur, dans le sens où ça serait manquer de respect à ceux qui ont dédié leurs vies à cet art. C’est autre chose que de peindre, ou de pratiquer le collage etc. Il n’y a pas la même temporalité, pas le même travail, ni le même jeu.

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Et sinon le graff … A-t-il sa place dans les lieux d’expositions ?

Non, non je n’ai pas posé la question, mais la question lui a été posé. Ne pouvant pas recréer l’atmosphère qui encadre le graff sur une toile, Gumo a tourné les choses autrement. Le graff c’est un état d’esprit, l’utilisation parfois hasardeuse et imprévu d’un support insolite. Et si on insérait ce support dans les galeries? Il a donc éclaté un de ses graffiti et réutilisé les morceaux dans des créations « destinées » aux salles d’expos. Voilà un aperçu du personnage…

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Et c’est, en partie, ce que l’on retrouve ce mois ci à la galerie (et librairie) Datta!

New D-Figuration urbaine. Un joli jeu de mot…

New D-figuration fait déjà référence aux années 1950. Gumo affectionne les nouveaux réalistes en France tel Jacques Villeglé pour son travail d’affiche, de collages, de déchirures. Interloqué, ému, transcendé (que sais je) par le traitement de la couleur et par l’énergie reversée dans leurs peintures, il cite aussi De Kooning et Pollock. D’autres : « J’aime beaucoup toute l’œuvre de Frida Kahlo, elle est forte, colorée, unique et surtout elle replace l’art sud américain là ou il aurait toujours du être tant cette culture est d’une impressionnante richesse. » Et Picasso évidement. Les années 50 ne sont pas un point d’ancrage seulement sur le plan artistique, Ugly Kid, en parlant des influences de son enfance cite Malcom X, Gandhi ou encore le Che.

Ensuite, défiguration retourne les sens. On entend des figures et il présente beaucoup de visages qui sont au cœur de ses travaux (artistique et « alimentaire »). Le visage c’est l’identité. « Mes vrai références c’est les gens autour de moi« . Les êtres qui l’entourent et leurs vies, sa vie, sont sources d’inspiration et de volonté. Des  figurations, c’est aussi NOUS qui nous figurons ce que l’on voit. Chacun peut interpréter l’expression et les expressions de ces faces, face à soi. On peut faire référence, ici, au monde d’OZ. Le graff étant considéré, encore aujourd’hui par beaucoup, comme une défiguration des rues. Défiguration c’est aussi un clin d’œil au graff, et par là au milieu Hip Hop dans le quel il baigne pas mal.

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On est street pour de vrai!

« Ce que j’aime dans le street c’est l’idée d’utiliser ce qu’on a sous la main pour créer. Un mur, du carton, un panneau… J’ai voulu garder ce concept. » Ce qui est présenté à l’exposition sont des travaux réalisés avec essentiellement des matériaux de récupération. Il y a du carton récupéré aux États Unis, des sac en papiers redécoupés, des bouts de bétons sur lequel il y avait un graff… ça superpose et ça mélange, chaque objet réutilisé dépose sa part de vécu et participe à l’âme d’une D(es-)figur(es).

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On fait du brut à partir de brut… Toutes les créations sont brutes de décoffrage. De la matière initiale à la lumière finale, Gumo reste brut et exprime le monde qu’il voit à travers sa bulle, sans point de vue objectif ou extérieur. Chaque visage est une réalité, avec ses impuretés, sa noirceur, sa passivité et sa violence. On est brut dans les matériaux, brut dans l’image mais aussi brut dans l’intention. Il s’exprime à base de traits sans ménagement, comme la rue. Il renvoie les ressentis aussi hardemment qu’ils ont été perçus.

ugly kid gumo

À la Galerie Datta, il nous propose aussi des travaux collaboratifs… Gumo travaille beaucoup avec Bizard, avec qui il a réalisé les masques présents à l’expo. Bisard est performer plasticien connu, en parti, pour son projet « scotch », qui l’a mené, aussi bien en Afrique qu’à New York. Ils se sont liés d’amitié par leur intérêt commun pour Haïti, sa culture, son folklore et ses souffrances. En cours de création, un projet artistico-humanitaire, le duo a prévu un voyage sur place.

Ugly Kid  Gumo

Librairie – Galerie DATTA

10 rue du Griffon

69001 LYON

04 82 33 68 62

Ouvert du mardi au samedi de 11h à 20h

et le lundi de 13h à 20h

(et dimanche 22 Mai pour l’événement)

www.datta.fr

info@datta.fr

 

 

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