Paris-Delhi-Bombay au centre Pompidou

L’art contemporain indien a décidément la côte en ce moment, à l’image de l’exposition qui se tient au centre Pompidou.Par JCA

Aujourd’hui, l’Inde s’impose comme le continent le plus fertile avec de figures de proue comme Anish Kapoor qui s’est occupé de Monumenta 2011.

L’Inde fascine, intrigue et inquiète. Souvent décrite comme ‘l »inconscient de l’occident », elle frappe par ses contrastes. Un pays où le raffinement se mêle à la misère, où le couleurs masquent parfois la violence.

Pierre et Gilles

Pierre & Gillles, Sita, 2010 Modèle : Adeline Azoulay Photographie peinte, 143,5 x 143,5 cm

Le centre Pompidou a mis en place une exposition extrêmement didactique, qui tente d’embrasser les composantes de la société indienne. La religion, la politique, l’urbanisme, le foyer, l’identité, l’artisanat, sont les 6 thèmes qui rythment l’exposition.

Autre particularité, la présence d’artistes occidentaux qui côtoient des articles indiens. Là encore ce positionnement est judicieux. Il permet de comparer les regards sur l’Inde. Si Pierre et Gilles se complaisent dans un kitsch coloré parfois discutable, d’autres comme Camille Henrot ont une approche plus moderne grâce à des vidéos qui mettent en avant la narration. Le songe de Poliphilie devient ainsi une odyssée sociale sur l’exploitation du venin par la médecine, sans oublier une mise en scène au diapason.

 

Camille Henrot

Camille Henrot, Le Songe de Poliphile (Hypnerotomachia Poliphili), 2011 Vidéo HD, son stéréo, 9’30’’

Le thème de l’identité est particulièrement mis en avant, notamment à travers les travaux de Kader Attia et de Tejal Shah sur la drame quotidien du troisième sexe. La vidéo de Kader Attia propose une vidéo poignante, qui croise le destin de 3 femmes aux destins similaires et qui souffre chacune de l’exclusion et de la violence de leurs cultures respectives.

 

Kader Attia

Kader Attia, Collages, 2Collages 2011 Installation vidéo en trois écrans Vidéo HD format DV, son, env. 30’

L’urbanisme représente aussi un des axe fort. La transformation des paysages urbains suscite des approches différentes de la part de  Dayanita Singh et de Hema Upadhyay.

Dayanita Singh

Dayanita Singh, House of Love, 2010 Ensemble de 42 photographies en couleur et noir et blanc 54 x 54 cm chacune

Globalement, « Paris-Delhi-Bombay » dresse un portrait sans concession sur l’Inde. Malgré son développement économique, elle reste un lieu où la pression sociale et religieuse peut être source d’oppression. Cependant l’exposition n’est pas là pour accabler l’Inde mais bien nous montrer qu’au final ces violences existent sous des formes différentes en France.

Paris-Delhi-Bombay

Centre George Pompidou

Jusqu’au 19 septembre

Du mercredi au lundi

Tarifs 12 / 9 euros

 

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