Scandale de Drouot : Avis de recherche lancé

Un avis de recherche concernant près de 6000 oeuvres d’art vient d’être lancé par l’office central contre le trafic de des biens culturels (OCBC). Une liste sur laquelle on retrouve notamment des Matisse, Picasso et autres Gauguin. - Par JCA

C’est en 2009 que le scandale éclate. On découvre alors un vaste réseau de détournement des oeuvres d’art par les fameux « cols rouges ». Ces cols rouges étaient manutentionnaires de l’Union des commissionnaires de l’hôtel des ventes (UCHV). Or le monopole de cette société, qui travaillait avec les commissaires-priseurs et les donneurs d’ordre dans l’institution parisienne, était historique. C’est Napoléon qui accorda ce privilège en 1832. Autre particularité, l’ensemble des membres provenaient de la même région de Savoie créant ainsi un esprit de corps très fort. Des particularités qui ont sans doute facilité les dérives de ces dernières années.

Les cols rouges de Drouot

En tant que transporteurs privilégiés pour les ventes de l’Hôtel Drouot, ils avaient accès à de nombreuses oeuvres qui étaient dérobées avant d’être revendues avec la complicité de certains commissaires-priseurs.

Aujourd’hui, la police judiciaire a décidé de publier les images des 6000 oeuvres recherchées. Une action originale que justifie le colonel Stéphane Gauffeny, chef de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels. « Normalement, on garde la maîtrise des photographies, en demandant aux gens de venir nous voir. Mais là, il s’agit de ventes sur la France entière. Et il faut aller vite. Nous nous donnons trois mois pour retrouver les victimes. Le site restera ouvert jusqu’au 28 février 2012« . Au milieu d’objets précieux, de bouteilles de grands crus,on retrouve notamment une toile de Courbet dérobée en 2004.

hotel drouot

L'institution de Drouot

 

Une démarche qui va dans le sens voulu par la nouvelle direction de Drouot qui veut retrouver la confiance des collectionneurs. « Nous aussi sommes des victimes. Dès le début de l’affaire, le groupe s’est constitué partie civile dans le cadre de l’instruction pénale. Mais, dans l’esprit du public, l’amalgame entre l’hôtel des ventes et les commissionnaires mis en cause nous porte un véritable préjudice. C’est d’abord aux propriétaires lésés que nous pensons. Dans l’intérêt des collectionneurs et des amateurs d’art, j’annoncerai dans la Gazette de Drouot l’existence du site » déclare Olivier Lange le nouveau directeur général chargé de tourner la page des commissionnaires. Désormais c’est un nouveau prestataire, « Chenue », qui assure la manutention des ventes. Un moyen de mieux contrôler et de mieux protéger les intérêts des collectionneurs.

Si vous souhaitez  consulter les oeuvres recherchées, rendez-vous sur le site de la police judiciaire en cliquant ICI.

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