L’Interview de LCMC

La scène artistique lyonnaise regorge d’idées et de nouveautés. Rencontre avec Mathieu Courbier et Laurie Chareyre, qui forment le duo LCMC. – Par Elia

LCMC

THE INSIDE MAN Sculpture

Laurie, Il me semble que tu travailles au musée des miniatures à Lyon, raconte nous un peu ton parcours.

J’ai fait un bref passage au Beaux-Arts de Valence. Ça n’a pas été une très bonne expérience. Je voulais apprendre et créer, simplement. Je voulais toucher à tout... et il y a presque 10 ans, j’ai fait un stage dans les miniatures et ça m’a plu. C’est varié et ludique.

LCMC

Back and Forth, patchwork

 

Et toi Mathieu?

Moi, je n’ai aucune formation artistique. J’ai fait beaucoup d’illustration durant ces 10 dernières années, un peu de graphisme et beaucoup d’expérimentations et de collaboration avec d’autres artistes (Aurélien Arnaud, Vincent Biraud, Beekei, Denis Carrier, Julien Riviore, Steph Cop) mais aussi des marques (Carhartt, Adidas, Kulte, Artoyz, Van’s), ce qui est très formateur.

Comment est né le projet de LCMC?

LCMC est né d’un besoin d’explorer et d’approfondir des domaines tels que la sculpture, l’installation, la vidéo. Nous essayons de transmettre nos idées à travers les volumes et les matières.

« On a voulu sortir de l’uthopie de la liberté universelle »

Un petit mot sur l’exposition récente à la Galerie Datta :

Et bien on est parti de l’idée de liberté. C’est un concept très large, mais nous voulions mettre en avant les paradoxes de cette idée. On parle plus souvent de manque de liberté, que de l’idée qu’elle dégage. On a voulu sortir de l’uthopie de la liberté universelle pour se pencher sur ses attributs au quotidien.

C’est à dire?

Si je choisis de regarder toute la journée la télé, je décide de n’avoir aucune autre contrainte, ça renvoie par essence à l’enfermement. De là est partie la première œuvre THE INSIDE MAN . L’intention n’a rien à voir avec la religion même si le symbole est fort, elle représente autant la contrainte de vivre en société, que le désir de s’isoler , de se protéger de cette société.

LCMC

CHAPELLE Miniature

Quand on ne supporte plus cet enfermement il faut en sortir. Pourquoi ce titre « OUT » ?

Et bien c’est le titre d’un livre de Pierre Rey, « Out », 1977. Une histoire de familles mafieuses de New York qui décident de faire une trêve pour blanchir 2 milliards de dollars. De meurtres en quiproquo, elles se heurtent à la résistance d’un banquier suisse. Au final, l’idée de gentil ou de méchant est bien faible lorsque chacun à des intérêts en jeu. C’est un grand échiquier humain. Quoiqu’il en soit chacun essaye de se préserver, la liberté revient au simple fait d’être vivant .

L’exposition est variée, image, miniatures, vidéo, sculpture, patchwork… Un bel éclectisme.

L’idée était de traiter le thème liberté / enfermement de multiples façons, sans limites, sans barrières techniques ou le moins possible.

LCMC

Installation vidéo

L’association du couple s’est montrée efficace et ingénieuse.  Des sculptures / installations interrogent l’isolement, les limites, la sortie, le chemin de vie.

Quelle place occupe le travail sur les patchworks ?

Les patchworks abordent la notion de liberté en milieu urbain. Trois étapes sont  représentées. Une première, linéaire, symbolise un côté rassurant, attractif. Le deuxième représente le quotidien, les va-et-viens, l’action, l’affirmation de soi. Le dernier complètement déstructuré symbolise autant l’accomplissement de l’Homme dans ses fonctions envers la société, ou la destruction et la non-intégration, encore une fois désirées ou subies


« On aimerait même approfondir les thématiques de l’enfermement et du mouvement »

 

Ce manque de signification que peut provoquer l’art abstrait est aussi un pont vers l’imaginaire. Car comme le dit si bien Mathieu à un visiteur qui interrompit l’interview, « On est pas obligé de regarder, on peut juste s’imaginer, quelques fois ça suffit« .

C’est votre première exposition ensemble. Une suite?

« Nous sommes partis sur un sujet assez large, dont nous n’avons vraiment pas fini d’explorer les facettes. On aimerait même approfondir les thématiques de l’enfermement et du mouvement. Les traiter sous d’autres formes. Nous travaillons sur des objets et des sujets plus précis. Une des difficultés est de trouver un lieu d’exposition adéquate à Lyon. Nous avons des propositions pour exposer à Munich, il semblerait que davantage de structures désirent mettre en avant l’art contemporain dans ses formes les plus diverses.”

OUT Movie

Informations :

site

Galerie Datta

11 rue du Griffon, Lyon 1er

 

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