La Docks Art Fair 2013 : l’année de la maturité?

Du 12 au 15 septembre dernier, s’est tenue la 4e édition de la Docks Art Fair. Un événement qui tente de s’affirmer comme un rendez-vous majeur du marché de l’art à Lyon - Par JCA

Pour cette édition 2013, la Docks Art Fair s’est trouvée un bien bel écrin à quelques encablures de la sucrière. C’est en effet dans le bâtiment conçu par Odile Decq que s’installe cette 6e édition. Impossible de savoir si cela deviendra un lieu de résidence définitive, mais le lieu se prête parfaitement à ce type d’évènement.

Sur deux étages, ce sont 32 galeries qui exposaient selon le principe du Solo Show, soit un artiste représenté par Galerie. Petite déception, parmi les exposants, on note la présence d’une seule galerie étrangère avec la Galerie allemande Voss qui présentait le travail de Mary A. Kelly. Peu de surprises pour les habitués de l’évènement, avec la présence des grandes galeries lyonnaises celles d’Olivier Houg, et ded Georges Verney Carron.

Comme il serait trop long de faire un compte rendu exhaustif, nous vous proposons une petite sélection, totalement subjective des artistes qui nous ont retenu notre attention.

On commence avec la Galerie Claire Gastaud de Clermont-Ferrand qui présentait Samuel Rousseau. Un travail qui entremêle sculptures et vidéos avec un équilibre entre l’esthétique et la poésie. Une présentation léchée notamment avec cette vidéo projetée venant compléter et fleurir l’ombre du squelette d’un arbre.

Samuel Rousseau

Samuel Rousseau

Toujours au rang des vidéos, celles d’Ismail Bahri nous ont particulièrement marquées. Présentées par la Galerie Les filles du calvaire, elles se rapprochent de la ligne directrice de la biennale, avec dans chaque œuvre une volonté de tisser un fil narratif. On pense à la série « Film » qui présente une coupure de journal qui se déplie ou se replie, montrant une histoire parcellaire où se mêle l’écrit et l’image. La vidéo intitulée « Ligne », nous montre une goutte d’eau délicatement déposée sur le poignet de la mère de l’artiste et ondulant au rythme de ses battements de cœur. Un grand sens de la délicatesse et une maîtrise du cadre réussissent à capter l’oeil avant d’accrocher le coeur.

Ismail Bahri

Ismail Bahri, Ligne, Vidéo, 2011,

Coté peinture nous avons retenu la Galerie Sator, qui exposait le travail de Yan Cheng. Artiste chinois vivant en Chine, son art n’est pas de ceux qui dénoncent frontalement. Il préfère évoquer la vie quotidienne de la Chine contemporaine, bousculée par le progrès technologique. Il en ressort des toiles qui mêlent l’image avec des éléments du réel (carte mère d’ordinateurs qui viennent s’intégrer sur la toile) qui rappellent les approches dadaïstes du début XXe.

Yan Cheng

Yan Cheng

La Galerie Françoise Besson était également présente avec le travail de Chantal Fontvieille et sa mise en cible. Une série qui dessine un chemin de Croix entre le « Christ aux outrages » du Caravage et la figure de la cible humaine utilisée par les forces de l’ordre. Un parcours qui interpelle sur notre condition humaine à la fois victime et bourreau. Symbole de nos souffrances et de nos faiblesses.

Chantal Fontvieille

Chantal Fontvieille

Autre médium mis en exergue au cours de cette édition, la photographie. Seule Galerie étrangère, présente, la Galerie Voss présentait le travail de l’irlandaise Mary A. Kelly. Après un travail d’une année avec les détenus d’une prison proche de Dublin, elle a réalisé une série de cliché sur l’environnement des prisonniers. Un cadrage rigoureux appliqué à un univers carcéral qui révèle toute la violence des lieux et les singularités de ses occupants, forment un travail profond et fascinant.

Mary A Kelly

Mary A Kelly

Toujours dans la violence, la Galerie Un Spaced, présentait Sylvain Couzinet-Jacques. En se basant sur des captures de caméras de vidéos surveillance lors des émeutes de Londres de 2011, il crée des portraits agrandis et saturés. La figure disparaît au profit d’une ombre ou d’une nuance de pixels. le traitement mat du papier dessine alors des formes fantomatiques sur lesquelles le regard cherche à apposer les traits d’une personne. On est littéralement happé par la surface photographique à la recherche d’un visage qui se refuse à notre regard.

Sylvain Couzinet Jacques

Sylvain Couzinet Jacques

Enfin la Galerie Binôme présentait le travail de Thibault Brunet et sa série Landscape. Une série hybride entre la photographie et la vidéo. En s’immergeant dans l’univers du jeu vidéo ( du type GTA ou Call Of Duty), Thibaut Brunet emporte sa condition de photographe. Il réalise ainsi des scènes de paysages désertiques à contre courant de l’action violente prônée par le jeu. Ce qui est particulièrement troublant, c’est l’aspect très « réel » de ces formes. Le caractère « artificiel n’apparaissant qu’après une observation minutieuse des textures.

Thibault Brunet

Thibault Brunet

Bien sur ceci ne représente qu’une sélection très personnelle des artistes présentés par les Galeries. Cependant cette édition de la Docks Art Fair nous a paru intéressante pour bien des aspects. Si la variété des intervenants était peut être moindre que lors de la dernière édition, le lieu ainsi que l’aspect plus adulte de l’évènement, nous laisse penser qu’il y a une place pour ce type d’évènement annuel. A condition de s’émanciper définitivement de la biennale de Lyon.

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